• Lucile, 26 ans
  • Originaire de Rennes
  • Destination : Nouvelle-Zelande , pour 10 mois
  • Du 07/03/2014 au 07/01/2015
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Nouvelle-Zélande : Lucile, 10 mois en pvt

  • Peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Lucile, 26 ans. Une fois mes diplôme en poche (un DUT d’information communication et une Licence professionnelle dans la valorisation culturelle et touristique), j’ai travaillé pendant quelques mois pour économiser et je suis partie un an en voyage. Je suis restée 10 mois en Nouvelle-Zélande et sur le chemin du retour, j’ai fait un bout d’Australie, la Nouvelle-Calédonie et l’Asie du sud-est. En ce moment, je travaille sur les ferries allant en Angleterre.

  • Qu’est-ce qui t’as poussée à partir en PVT, et pourquoi la Nouvelle-Zélande ?

Durant mes études, j’ai effectué un stage de 4 mois au Québec. Quand je suis revenue, j’ai tout de suite su que j’avais envie de réitérer l’expérience de l’expatriation, mais cette fois, pour une période plus longue et pour une destination anglophone. J’avais déjà entendu parler des programmes de mobilité internationale et notamment du PVT. Je me suis donc renseignée davantage sur les procédures à suivre pour l’obtenir. Le choix de la destination était lui déjà arrêté depuis longtemps : la Nouvelle-Zélande. Je pense que comme la plupart des gens de ma génération, j’ai été émerveillée par les paysages découverts dans le Seigneur des Anneaux. J’avais également vu plusieurs documentaires qui se passaient en NZ. Et puis un collègue de travail qui y a vécu un an m’en avait également beaucoup parlé et m’a définitivement conforté dans mon choix. J’ai fait ma demande officielle en ligne et 2 jours plus tard, j’obtenais mon visa.

  • As-tu travaillé sur place ? Dans quel(s) domaine(s) ?

Mes 10 mois là-bas ont été une alternance entre itinérance et petits jobs. A mon arrivée à Auckland, j’ai pris rapidement la poudre d’escampette pour rejoindre la région du Coromandel et profiter de la fin de l’été. J’y suis restée un mois et demi et je travaillais en parallèle en helpx, diminutif de « Help Exchange » plus répandu que le wwoofing en Australie et Nouvelle-Zélande et surtout plus varié au niveau des taches. Les missions de wwoofing restent globalement en fermes bio. Je bossais pour un lodge (sorte d’hôtel)  à faire le ménage des chambres. Revenue ensuite sur Auckland pour y acheter mon van, j’ai pris la route, voyagé quelques semaines et j’ai rejoins l’île du sud. Je suis restée à Picton, aider dans une auberge de jeunesse super sympa (toujours en helpx) en attendant de débuter les vendanges dans le Central Otago où un job m’attendait. J’avais en effet démarché par mail tous les vignobles de l’île du sud. J’ai reçu de nombreuses réponses positives et j’ai choisi celui qui me proposait une bonne paye et surtout le plus long contrat. Les vendanges ont duré 6 semaines. Tombée amoureuse de la région, j’ai voulu y rester pour la saison d’hiver. A défaut d’avoir trouvé du boulot en station de ski où les emplois sont très demandés, je me suis installée à Wanaka et j’ai travaillé pendant 4 mois dans une auberge de jeunesse mais cette fois-ci en tant que salarié et non en helpx. Puis j’ai repris la route, voyagé de nouveau avec une amie et arrivées dans le nord de l’île du sud, avant de reprendre le ferry pour l’île du nord, on est restées bosser 2 semaines chez un couple d’hôtes charmants qui nous faisaient faire du jardinage, de la peinture, de la cueillette de fruits, rien de bien méchant.
Globalement, je n’ai jamais trop galéré pour trouver du travail. Par contre je n’ai jamais essayé de trouver du boulot dans mon domaine parce qu’il aurait fallu rester sur Auckland pour ça et je n’étais pas là pour ça, mais pour visiter le pays. Dons j’ai privilégié les petits boulots que j’ai trouvés un peu partout au gré de mon voyage.

  • Qu’as-tu apprécié le plus dans ton expérience là-bas ? Qu’est-ce qui t’a déplu ?

En premier je dirais la réelle gentillesse et sympathie des kiwis (c’est comme ça qu’on nomme les habitants de Nouvelle-Zélande). Ce sont des gens relaxés, très zen, très peace. Les gens s’en foutent des codes vestimentaires, ils ne font pas de fioritures, marchent pieds nus dans la rue, été comme hiver. Ils te prennent en stop sans aucuns soucis. Ils vont au supermarché en pyjama et charentaises. Ils sont toujours hyper serviables, curieux de l’autre et toujours étonnés de voir qu’il y a autant de voyageurs à venir jusque chez eux et à s’intéresser à un tout petit pays comme le leur, aussi reculé, géographiquement parlant. Bref, ils ne se prennent vraiment pas la tête.

Autre chose singulière, les gens te disent bonjour dans la rue. Si si, c’est vrai. Même en ville. J’ai été super étonnée les premiers jours de mon arrivée. C’est aussi un pays très safe. A part les pseudos gangs maoris qui essayent de foutre leur merde dans la banlieue d’Auckland, la violence, l’insécurité, ils ne connaissent pas là-bas. Au point que des fois, j’avais l’impression de vivre dans le monde des bisounours. Bien sûr c’est un pays qui ne compte que 4 millions d’habitants donc tout est relatif.

Sinon il ya bien sûr les paysages, aussi variés qu’époustouflants. J’ai beaucoup voyagé et je n’ai aucun mal à dire que c’est le plus beau pays que j’ai fait. Les montagnes, les grands lacs, les cascades, les côtes découpées, les collines verdoyantes, etc. Tout est très vert et les kiwis sont très protecteurs de leur écosystème et des nombreuses espèces endémiques qui y résident. Une chose vraiment agréable là-bas, c’est qu’à peine sorti de la ville (peu nombreuses en vérité) on se retrouve en pleine nature, sauvage, vierge de toute civilisation et de toute pollution visuelle et sonore. J’y ai observé mes plus beaux couchés de soleil et mes plus belles nuits étoilées.

C’est également très propre, très bien entretenu. Il n’y aucune difficulté à trouver des toilettes publiques, cleans, gratuites et surtout, avec du PQ !

Après avoir dressé un portrait idyllique de ce pays, passons maintenant aux choses déplaisantes. D’abord, la météo. Qui se montre souvent instable. On dit là-bas que l’on peut vivre 4 saisons en une seule journée. C’est parfois très énervant. Les hivers sont courts mais rigoureux dans le sud  (pas insurmontable non plus). Sauf que les maisons sont mal isolées et l’électricité coûtant cher, la cheminée ou le poêle sera souvent la seule chose qui fera office de chauffage dans la maison. Donc parfois j’étais obligée de me balader avec un bonnet et une doudoune… à l’intérieur. Attention au soleil également. La NZ se trouve sous le trou de la couche d’ozone donc la crème solaire là-bas, ce n’est vraiment pas en option. C’est le pays qui a le plus gros taux de cancers de la peau avec l’Australie. Si vous êtes un mordu d’Internet et que vous n’arrivez pas à vous déconnecter, oubliez la NZ. L’illimité, ils ne connaissent pas et les hotspots gratuits sont rares. Ce n’était pas évident de pouvoir donner des nouvelles à mes proches quand j’étais sur les routes. Heureusement que les bibliothèques existent, c’est le seul endroit où on trouvait toujours de la wifi.

  • As-tu rencontré des difficultés ?

Le camping sauvage étant interdit en Nouvelle-Zélande suite à un trop grand nombre d’excès de la part de certains voyageurs (dégradation des espaces, abandon des déchets derrière eux, etc.), la plus grande difficulté qu’il fallait surmonter quand j’étais en itinérance, c’était de trouver un site discret pour y passer la nuit sous peine de me faire attraper par les autorités et écoper d’une amende. 200 $ quand même. Heureusement, ça ne m’est jamais arrivé. Bien qu’il y ait quelques DOC sites dans les parcs nationaux et réserves naturelles (des campings gérés par le Department Of Conservation, l’agence gouvernementale en charge de la protection de la nature), rares sont les sites autorisés en zones urbaines ou péris-urbaines. Parfois il fallait tourner pendant un certain temps pour garer le van à l’abri des regards indiscrets, la délation étant monnaie courante en NZ. Après, il vaut mieux avoir les locaux de son côté que contre soi, donc la solution la plus simple était parfois d’aller demander directement et ouvertement aux passants ou encore aux offices de tourismes où je pouvais trouver un endroit pour la nuit. Quand c’est demandé et pas imposé et dés lors qu’ils voient qu’on est des campeurs responsables, les gens n’hésitent pas à vous orienter vers des sites autorisés, voir à offrir un petit bout de jardin.

En dehors de cela, j’ai rarement rencontré de difficultés. Ou bien j’ai toujours su me dépatouiller en obtenant de l’aide des gens, comme je l’ai dis, hyper serviables. Je me rappelle d’une fois où on visitait un ancien village de colons avec des amis et où il s’est mis à tomber des cordes. Pris de cours, on n’avait vraiment rien pour s’abriter. Et là un type est sorti de nulle part avec un parasol dans les mains. Il nous avait vu depuis les habitations en face et il n’a pas hésité à braver la pluie pour nous venir en aide. Ou un surfeur qui est venu m’offrir un café en me voyant sortir grelottante de mon van au petit matin. Ils sont comme ça. Finalement, le seul con dont je me souvienne, c’est un garagiste qui a essayé de m’arnaquer en me faisant payer le triple de ce que ça coûtait en réparation après mon contrôle technique. Pas naïve non plus, je suis allée voir un autre type dans la ville où je résidais qui m’a annoncé le prix réel et j’ai fait les réparations chez lui.

En revanche, s’il y a un truc qui a été compliqué, c’est de me passer de fromages pendant un an. Le niveau de vie est à peu près le même qu’en France sauf pour l’alimentation, beaucoup,  beaucoup plus chère. Et il faut surtout oublier tout espoir de manger à la française ou alors ça vous coûtera un bras.

  • Quelles ont été tes impressions au retour ?

Je ne vais pas vous mentir, le retour a été assez difficile. Je suis passée par toutes sortes d’émotions pendant quelques temps. Un jour ça allait, le lendemain je voulais repartir. Une vraie montagne russe. J’étais bien sûr ravie de revoir mes parents, ma famille et mes amis. Mais au final, passé les retrouvailles, on se rend compte que ça y est, la parenthèse est terminée et qu’il va falloir revenir à la vie normale. Mais tu ne sais plus du coup ce qui est normal : ta vie avant ton départ ou la vie que tu as menée ces derniers mois. Là commence l’angoisse et la déprime de ne plus savoir où est ta place. Je pense que ce sentiment a aussi été provoqué par le fait que j’ai atterri à Paris pile poil le jour des attentats du 7 janvier. Pour le coup, les échanges que j’aurais pu avoir sur mon voyage après mon retour ont vite été éclipsés par l’actualité. C’était la stupeur et l’effroi pour tout le monde. On ne parlait plus que de ça dans les médias, dans la rue, entre amis. Les gens avaient peur de sortir. C’était hyper anxiogène quant t’y penses. Je reviens d’un an de voyage, j’ai visité 6 pays, rencontrés des gens géniaux emprunts de tolérance et d’amour, et il faut que tu rentres chez toi pour être témoin d’une horreur pareil. Des merdes il aurait pu m’en arriver n’importe où c’est sûr, mais je me suis sentie d’un coup vraiment démunie dans mon propre pays, pays auquel je devais pourtant me réhabituer.  Au final, il m’a fallu plusieurs semaines pour me ré-aclimater et reprendre le rythme « à la française ».

  • Tu pars prochainement au Canada. Comment as-tu pris cette décision ?

Comme je l’ai dit plus haut, j’ai déjà été pendant 4 mois au Québec et j’ai beaucoup aimé la vie là-bas. Sachant que le PVT pour le Canada est difficile à obtenir avec les quotas, je me suis toujours dit que j’en ferais la demande plus tard. Surtout qu’on a jusqu’à 35 ans pour l’obtenir. Et plus tard est finalement arrivé plus vite que prévu. En effet depuis mon retour de Nouvelle-Zélande il y a bientôt 2 ans, je galère vraiment à trouver un emploi dans mon secteur d’activité. J’oscille entre période de chômage, contrats à durée déterminée et jobs saisonniers. Les recherches d’emplois se montrant infructueuses malgré un CV assez étoffé, j’ai décidé de repartir en voyage tenter ma chance au Canada et pourquoi pas, m’y installer définitivement.

  • Quelles sont tes attentes par rapport à ce futur PVT ?

Je projette d’explorer la partie anglophone d’abord. Puis idéalement j’aimerai me rendre à  Vancouver, m’y installer et de la Colombie Britannique, descendre la côte ouest américaine. Si l’expérience n’aboutit pas, je reviendrai au Québec où j’y ai des amis, des attaches et  un réseau auprès duquel je pourrai plus facilement trouver du travail.

  • As-tu des conseils à donner à de futurs pvtistes ?

Ne pas omettre toute la partie préparatoire avant le grand départ. On a tendance à se dire qu’une fois le visa en poche, il suffit d’acheter le billet d’avion et c’est parti. Mais il y a beaucoup de choses à faire en amont comme : quitter son logement et son job si on en a un, résilier tout ses contrats et abonnements, souscrire à une assurance, vendre les biens matériels dont on peut se séparer pour récupérer le moindre sou qui servira à financer son voyage (sauf si vous roulez sur l’or). Psychologiquement, ça fait aussi un bien fou de savoir que tout a été mis en ordre et que tout est en règle avant le départ. On peut alors partir serein.

Sinon une fois sur place, je dirai de profiter à fonds, au jour le jour, en gardant à l’esprit qu’on n’a aucun impératif. Avoir des objectifs avant le départ c’est bien, mais vous verrez qu’ils sont souvent mis à mal par les imprévus, les tuiles financières, des rencontres inattendues, etc. Et des fois, ce n’est pas plus mal de ne pas réaliser ce qu’on voulait faire à la base ou allez là où on avait prévu. Laissez une chance à l’impondérable, vous verrez que souvent, on y gagne au change. Just go with the flow.

Pour toutes infos sur le PVT, les démarches d’obtention, les papiers à remplir à l’arrivée, etc., je vous renvoie vers mon blog : www.mypreciouskiwi.tumblr.com 

Interview réalisée en septembre 2016 par Emeline Villeneuve, volontaire en service civique au CRIJ Bretagne de février à octobre 2016. Merci à Lucile pour sa contribution !

S'informer

Pour tout savoir sur le pvt : pvtistes.net

Ce site est réalisé par des personnes parties en PVT, il propose :

  • des témoignages, forum, bons plans
  • des actualités et tutoriels par pays pour faire sa demande de visa.

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